
Suivie par Kali et Ethan, mes deux
jumeaux préférés, je quitte rapidement la
salle de cours et ensemble nous nous engageons dans le couloir,
soulagés d’en avoir enfin fini avec Mr
« des chiffres et des lettres multiplié par la
racine carré de
l’hypoténuse ».
- T’as vraiment une chance de cocu, lâche Kali
à son frère. Sauvé par la sonnerie,
à deux minutes près tu te faisais sortir par le
prof.
- Comme je suis un célibataire endurci, je dirai que ma
chance ne peut pas venir du fait d’être cocu,
dit-il avec un sourire soulagé.
- Ta logique implacable m’étonnera toujours,
lui ai-je lancé en riant.
- Je compte bien faire carrière dans la politique, alors
autant être préparé tout de suite à
adopter une certaine logique.
- T’as autant de charisme qu’un beignet mon vieux,
laisse tomber, ai-je platement annoncé avec un petit
sourire moqueur.

Kali éclate
spontanément de rire tandis qu’Ethan me fixe avec de
grands yeux ébahis.
Je poursuis mon chemin comme si c’était la chose la
plus naturelle du monde, Kali m’emboîte le pas alors
que son frère reste délibérément
scotché sur place, faussement indigné par mes
paroles.
- Ta franchise aura raison de toi Kay, ironise la jeune
femme avec humour.
- Peut-être oui, encore faudrait-il que je sache
l’utilisé à bon escient.
J’ignore pourquoi, mais cette phrase me fait
immédiatement penser à Josh.
Il serait peut-être temps que je lui parle, que je sois
véritablement franche et que j’arrête
définitivement de jouer ce rôle ridicule qui
n’aurait jamais dû être le mien. J’ai
besoin de trouver un sens à ce que pourrait être ma
vie, j’ai besoin de comprendre, de me débarrasser de
mes craintes de l’inconnu et des sentiments.

J’imagine déjà le regard éberlué
que Josh va me lancer.
Je me rends parfaitement compte de l’étrangeté
de mes pensées,
et je l’assume parfaitement. Je ne suis pas ce que les autres
aimeraient que je sois, mais je le cache si bien que personne ne
s’en aperçoit. Cette situation est tellement cocasse
qu’elle en deviendrait presque comique. Je crois bien que
depuis tout ce temps, je me cherche sans me trouver et je m'enferme
dans une bulle imperméable, c’est à en pleurer
de désespoir…















