
La journée s’est
écoulée sans qu’il ne s’en rende vraiment
compte. Fixant l’écran de la télévision
sans vraiment le voir, Tyler reste immobile, assis à
même le sol, l’esprit empli de questions sans
réponses, mais pour lesquels il ne désire pourtant
pas en avoir. A quoi bon se creuser la tête pour quelque
chose d’aussi superficiel qu’une vérité
pourrie par le temps et les sentiments ? Il a bien longtemps
qu’il a arrêté de croire en ce futile espoir...
L’espoir n’est pas ce qui lui a permis de tenir.
L’espoir n’est pas sa promesse silencieuse de jours
meilleurs. L’espoir se révèle finalement
n’être pour lui qu’une pâle façade.
Une simple prétention derrière laquelle beaucoup se
murent pour faire taire leurs incertitudes… Parce que
s’échiner à croire en la probable
réalisation de nos rêves ne nous aidera
qu’à entrevoir l’illusion du bonheur. Jamais de
l’approcher davantage…

Cependant l’homme reste
naïf et veut croire en cette espérance. Il s’y
accroche et s’y arrime comme à une bouée de
sauvetage, pour garder la tête hors de l’eau,
coûte que coûte. Vouloir se voiler la face, fuir ses
craintes mêlées d’appréhensions, et
pouvoir continuer à ressentir cette chaleur autour de son
cœur battant. Il espère parce que c’est
certainement la dernière chose qu’il puisse encore
faire en tant qu’être détruit, rongé par
le sens même qu’il ne peut donner à sa vie. Des
espoirs vains…

Tyler n’espère plus
rien. Plus rien de la vie, plus rien de l’amour et plus rien
des gens. Il a déjà trop donné. Trop
perdu… Trop de sacrifices pour en arriver là.
Eternellement seul à ruminer des pensées et des
souhaits qu’il ne perçoit même plus. Il a appris
à les ignorer. A les dédaigner pour qu’enfin
ils arrêtent de le torturer. L’invisible enfui sous la
surface, l’inaccessible dissimulé derrière une
simple enveloppe charnelle, sous un amas de chair sur lequel il
parvient encore à garder un semblant d’emprise. Son
corps est le dernier rempart rationnel qu’il lui reste. Un
point d’appui, un souvenir sur lequel s’appuyer pour
fuir sa folie. Le dernier moyen qu’il a trouvé pour se
prouver qu’il peut vivre encore. Il doit se faire une raison.
Oublier pour mieux survivre. Fuir pour mieux
subsister…

Essayer de remonter à la
surface et y atteindre la rive. Il doute. Doute de lui, des autres,
de la véracité même de l’instant. Il
doute et pèche pas orgueil, vanité et
désespoir. Se persuader qu’être fort permet de
le devenir et également de le rester est absurde, il en est
conscient. C’est une absurdité sans fondement contre
laquelle il lutte, mais qui régulièrement encore le
submerge. Parce qu’au-delà de l’homme se cache
l’enfant…
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Date de création : 01/02/08 / Dernière mise à jour : 12/11/09 18:25 / 157 articles publiés





Circé
jeu 17 jui 2008 21:55