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-82-  posté le lundi 24 mars 2008 16:42




- Alors pourquoi es-tu revenu alors ? Lance-t-elle.

Je les observe sans rien dire. J’ai la sensation que je ne devrais pas ma trouver ici, que cette discussion ne me regarde absolument pas. Il soupire et fixe sa sœur qui soutient son regard sans ciller.

- Principalement pour l’héritage, dit-il sans fioritures.

Une réponse à laquelle elle s’attendait surement, face à son manque évident de surprise. Après tout, leur mère était morte depuis peu, laissant ses enfants encore en vie dépositaires de tous ses biens, c’était légitime.

- Tu n’as pas changé.

- Détrompe-toi, la corrige-t-il.

- Non Chris. Je maintiens ce que je dis. Tu es et resteras le petit voyou sans principes que j’ai toujours connu. Je me contre-fiche de tes explications, puisque de toute façon j’imagine que tu nous quitteras dès que tu auras reçu ta part.

- On ne peut rien te cacher, admet-il.





Un soupir déçu s’échappe de la bouche de sa sœur qui ne se fait plus guère d’illusions. Je me relève discrètement et lance un regard compatissant à Opale qui m’observe sans rien dire.

- Je crois que je ferai mieux de vous laisser, ai-je déclaré.

- Bien au contraire, me contredit Chris, vous devriez rester. Vous allez louper la meilleure partie. Celle où je clame haut et fort le fait d’être enfin débarrassé de ma chienne de mère. Ce serait fort regrettable vous ne pensez pas ?






Sous le regard outré d’Opale, Chris éclate de rire avant de reprendre bien vite une expression des plus neutres.

- Je crois être en mesure de m’en passer, ai-je grimacé. Opale, tu m’appelles au besoin.

Elle hoche la tête en signe d’approbation et je m’éloigne d’un pas vif jusqu’à la porte d’entrée, que j’ouvre et franchis le plus rapidement possible sous le regard insistant de Chris que je sens peser sur moi. Je ne suis ni choquée, ni surprise. Je n’y arrive pas, surement parce que je devine que leur passé est la cause de cette brusque distance qu’il a mis avec le reste de sa famille. J’ai envie de comprendre sa vie, peut-être pour arriver à m’approcher de la sienne dont il ne pourra plus jamais me parler.
L’un à travers l’autre…

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-83-  posté le lundi 24 mars 2008 17:01




Accoudé au canapé, Chris reste le regard rivé sur la porte qui vient de se fermer à l’instant même devant ses yeux. Il refuse de l’admettre mais cette femme l’intrigue, que cela soit dû à son éternel air absent ou par sa façon d’appréhender les choses. La vie ne l’a pas épargnée elle non plus, il l’a lu dans ses yeux, et le simple fait d’apprendre que son frère ait réussi lui aussi à faire souffrir les autres le rassure quelque peu. Bien qu’il ait toujours refusé de l’admettre, Sonny lui ressemblait également sur le plan moral, il cherchait seulement une échappatoire à cette situation alors que lui n’a su que se laisser guider par le sens du courant et n’a pas cherché à lutter. C’est sans doute la principalement raison de sa descente aux enfers durant son adolescence. Ce pourquoi il en est venu à haïr sa mère et son propre jumeau. Ce pourquoi il est parti, rejeté comme un vulgaire rebut.





Opale ne quitte pas son frère du regard. Malgré ses propos crus et ses manières des plus brutes de décoffrage, elle ne peut qu’éprouver un irrésistible élan d’affection pour lui.
Elle l’aime, et même si elle parvient à ressentir une terrible antipathie à son égard, l’amour fraternel restera toujours le plus fort. Au-delà des appréhensions et de ces années les séparant, c’est pour elle comme s’il n’était jamais parti…


- Pourquoi es-tu revenu ? Lui demande-t-elle une nouvelle fois.

Chris prit son temps pour choisir ses mots. Il n’en est pas sûr lui-même.

- Je crois que j’ai laissé une partie de moi ici.

Opale l’encourage à poursuivre d’un bref hochement de tête.

- J’y avais laissé un frère, continue-t-il en suivant du regard à travers la fenêtre, la femme brune qui s’éloigne doucement.






- Elle n’est pas pour toi, lui dit sa sœur lorsqu’elle s’aperçut de l’objet de tant d’attention.

- Dommage, souffle-t-il.

Il a déjà perdu tant de choses dans sa vie.
Ce serait dommage d’en perdre une encore une fois.
Vraiment dommage…

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-84-  posté le lundi 24 mars 2008 17:14




Je pénètre à pas feutrés chez moi et me dirige machinalement vers le canapé sur lequel je me laisse tomber sans aucun remord. La nuit est déjà tombée depuis au moins deux bonnes heures, j’ai les jambes en compote, les mollets en feu et le cerveau en ébullition.
Marcher pour réfléchir, réfléchir pour marcher. Tourner et retourner en tout sens des questions sans réponses et auxquelles on n’avait jusqu’alors jamais songé. Des allusions, des illusions ou des hallucinations, qu’importe au fond tout est presque identique.
En une journée j’ai revu presque vingt ans d’absence s’étaler sous mes yeux, s’écouler, bercés d’images et de souvenirs. J’ai revu ce corps, ce regard. Je l’ai presque revu, lui, mon obsession étouffée.





Je m’installe confortablement sur le canapé et ne peux m’empêcher de laisser mes pensées vagabonder vers ce présent resurgi du passé. Les aléas de la vie, les secrets enfuis qui réapparaissent avec ces personnes disparues que tout le monde avait choisi d’oublier.

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-85-  posté le lundi 24 mars 2008 17:18




La tête callée sur le rebord du canapé, je pousse un petit soupir de soulagement, ou peut-être de mélancolie. Quoi qu’il en soit cette journée est en train de remettre en question presque vingt ans de vie de couple, simplement parce qu’un homme n’aurait jamais dû réapparaître. Simplement parce que je suis en train de me laisser berner par de vulgaires impressions, de simples illusions…

Alors que j’étouffe un bâillement, des bruits de pas discrets de profile jusqu’à moi et Kaley fait brusquement son apparition, vêtue de son éternel pyjama jaune. Elle fait le tour de l’ameublement et s’avance vers moi, les yeux marqués par le sommeil.


- Tu ne dors pas Maman ? Demande-t-elle.

- Je pourrais te retourner la question, ai-je répliqué avec un sourire.

- C’est pas parce que tu es la doyenne de la maison que tu dois te croire tout permis, ironise-t-elle en s’asseyant.






- Par doyenne entendrais-tu quelque chose comme « vieille peau flétries bonne à interner » ?

- Je ne le permettrais pas, dit-elle en un sourire.

- Mouais…

Un petit sourire s’étire doucement sur mes lèvres. Si je continue à me morfondre, je vais à tout les coups finir seule en vieille fille aigrie, reniée à jamais par mon mari et mes enfants. Pitoyable scénario.

- Tout va bien Maman ?

C’est la deuxième fois qu’on me pose cette question de la journée, et je suis toujours aussi incapable de fournir une réponse. Sans doute parce que j’ignore au fond ce que j’éprouve vraiment.

- Oui ma puce. Si tu allais te recoucher hein ?

Elle me gratifie d’un sourire moqueur.

- Et toi, si tu allais te coucher tout court avant que ton maquillage n’est définitivement décidé de te transformer en zombie ?

La solidarité féminine doublée de l’éternel soutien familial, ça donne généralement quelque chose dans ce genre là. Un franc parlé atypique agrémenté d’une touche de cynisme.






- Laisse-moi encore deux minutes...

- Comme tu voudras, rit-elle en haussant les épaules.

Elle se lève lentement et sort bien vite de la pièce après avoir lancé un dernier « bonne nuit » à la dérobée, me laissant une nouvelle fois seule, en compagnie de mes pensées, et de leurs incroyables répercutions sur ma manière d’être et d’agir.
Seule…

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-86-  posté le lundi 24 mars 2008 17:29




Après avoir fait un semblant de vide dans mon esprit, je décide enfin de suivre les conseils avisés de ma fille et de me lever avec une infinie lenteur, comme pour retarder l’échéance qui me sépare encore du sommeil. Je passe une main fébrile sur la bague qui orne mon annulaire et ce contact me fait doucement frissonner. Je me rappelle que je suis mariée, je me rappelle que je suis heureuse, et je me rappelle que je l’aime. Pourtant, je ne peux m’empêcher de me rappeler qu’il n’a pas été le seul, et qu’il  ne sera jamais le seul. Seulement, je n’ai pas les moyens matériels pour décider lequel des deux, puisque l’un n’existe plus. Une petite larme vient rouler sur ma joue, avant de finir sa course sur le parquet clair. Je gravis les escaliers sans grande conviction et m’engouffre dans la chambre bercée par la douceur agréable de la nuit.





Je me stoppe dès que mon regard se pose sur une silhouette familière et endormie.
Un pâle rayon de lune vient mourir au pied du lit, éclairant faiblement son corps ensommeillé. Je souris faiblement et ôte mes vêtements que je laisse retomber au sol, avant de me glisser à mon tour dans les draps frais du lit. Alors que je m’allonge, un chuchotement étouffé s’élève près de moi.

- Mon ange ?

L’ange où sommeille le démon. L’amour où sommeille le trouble. C’est moi, oui.

- Oui ?






Je me blottis tendrement contre lui et sa douce chaleur se diffuse dans mon corps. Ses mains enserrent les miennes, et je me sens étrangement mieux, comme isolée de ces pensées parasites, de ces doutes qui n’auraient jamais dû subsister.

- Je t’aime, souffle-t-il.

Je ne trouve rien à répondre puisqu’il sait déjà tout. Ou presque.
Lovée contre son dos brûlant, je me laisse sombrer dans un sommeil, bercée par des souvenirs lointains qui ne font que me rappeller à quel point je l’aime encore…


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A suivre...
Voila, majounette spéciale Kendra, spécialement à la bourre ^^"
Je m'en excuse d'ailleurs, mais j'ai mis beaucoup de temps à l'écrire.
Notre pauvre Kendra, j'espère que vous n'aviez pas cru que j'allais la laisser en paix aussi facilement, tant qu'elle est encore là, y'aura toujours des trucs à faire.
J'espère que vous êtes contents de retrouver un "pseudo" Sonny.
L'est pas mal hein ? Bon, il n'est pas le même que l'original vu que c'est son jumeau, mais faut se contenter de ce qu'on a xD.
Pourquoi ne l'a-t-on jamais vu ou même mentionné avant ?
Encore une sordide histoire de famille, mais faut bien évidemment lire la suite pour le savoir
Pour celles qui, à tout hasard, auraient des vues sur Matthew, vous aurez des comptes à rendre à Lorena, la nouvelle propriétaire xD
Et si vous pouviez convaincre mamito Gwen de me laisser en vie, à cause de cette maj sans notre Tyty national, ça m'arrangerait bien ^^
Sur ce bisouuus all
J'vous n'aime

PS: Je vais bientôt reprendre Crystal's Children que j'avoue avoir un peu laissé à l'abandon ces derniers temps. Pour ceux qui aiment le fantastique, je vous invite à aller jeter un petit coup d'oeil {#}


Blogounet fan     

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Maj sans Tyler et lundi de Paques qui plus est.
Je ne pouvais pas laisser passer une occasion de me rattraper.
Merci de ne pas baver avant d'entrer ^^



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