
- Alors pourquoi es-tu revenu alors ?
Lance-t-elle.
Je les observe sans rien dire. J’ai la sensation que
je ne devrais pas ma trouver ici, que cette discussion ne me
regarde absolument pas. Il soupire et fixe sa sœur qui
soutient son regard sans ciller.
- Principalement pour l’héritage, dit-il sans
fioritures.
Une réponse à laquelle elle s’attendait
surement, face à son manque évident de surprise.
Après tout, leur mère était morte depuis peu,
laissant ses enfants encore en vie dépositaires de tous ses
biens, c’était légitime.
- Tu n’as pas changé.
- Détrompe-toi, la
corrige-t-il.
- Non Chris. Je maintiens ce que je dis. Tu es et resteras le petit
voyou sans principes que j’ai toujours connu. Je me
contre-fiche de tes explications, puisque de toute façon
j’imagine que tu nous quitteras dès que tu auras
reçu ta part.
- On ne peut rien te cacher, admet-il.

Un soupir déçu
s’échappe de la bouche de sa sœur qui ne se fait
plus guère d’illusions. Je me relève
discrètement et lance un regard compatissant à Opale
qui m’observe sans rien dire.
- Je crois que je ferai mieux de vous laisser, ai-je
déclaré.
- Bien au contraire, me contredit Chris, vous
devriez rester. Vous allez louper la meilleure partie. Celle
où je clame haut et fort le fait d’être enfin
débarrassé de ma chienne de mère. Ce serait
fort regrettable vous ne pensez pas ?

Sous le regard outré
d’Opale, Chris éclate de rire avant de reprendre bien
vite une expression des plus neutres.
- Je crois être en mesure de m’en passer, ai-je
grimacé. Opale, tu m’appelles au
besoin.
Elle hoche la tête en signe d’approbation et je
m’éloigne d’un pas vif jusqu’à la
porte d’entrée, que j’ouvre et franchis le plus
rapidement possible sous le regard insistant de Chris que je sens
peser sur moi. Je ne suis ni choquée, ni surprise. Je
n’y arrive pas, surement parce que je devine que leur
passé est la cause de cette brusque distance qu’il a
mis avec le reste de sa famille. J’ai envie de comprendre sa
vie, peut-être pour arriver à m’approcher de la
sienne dont il ne
pourra plus jamais me parler.
L’un à travers
l’autre…




















