-97-  posté le lundi 07 avril 2008 22:46




Kali hoche brièvement la tête et s’empresse de se retourner, pour faire face à mon frère, qui soutient son regard aguicheur sans l’ombre d’une hésitation. D’un mouvement lent, il remonte sa main jusqu’à la courbe de ses reins en affichant son éternel sourire provocateur. Dorian surprend l’action avant même que je n’ai le temps de penser à regarder dans leur direction, et leur lance un chapelet de jurons retentissants.

- On ne dérange pas trop j’espère ? Grommelle-t-il.

- Pas plus que d’habitude, répond Hayden du tac au tac.






Blessé dans son orgueil et un tantinet blasé, Dorian baragouine quelque chose d’incompréhensible que je ne cherche par ailleurs absolument pas à déterminer, avant de s’enfermer dans un mutisme sans attendre un nouveau coup d’éclat des deux tourtereaux.

- Si vraiment ça te déplait, reprend mon frère, tu peux toujours tenter ta chance avec Matthew.

Ce dernier braque vers lui un regard haineux tandis que Dorian se contente de lui balancer en plein visage une pantoufle qui trainait par là. J’assiste à leur joute amicale sans pour autant me lancer dans la bagarre, de peur d’en esquinter un au passage. Non pas que je surestime mes capacités physiques, mais je préfère plutôt, par acquis de conscience, me tenir loin de ce genre de bataille animée, avant d’être, bien malgré, moi encore obligée de jouer aux infirmières de dernière minute après en avoir éborgné involontairement quelques uns…






- Hayden, ai-je finalement déclaré pour empêcher au conflit de s’envenimer, et ensuite me retrouver avec une bataille de briques sur les bras.

Immédiatement après cette vulgaire tentative de paix, je me retrouve simultanément, un regard désapprobateur de l’un, et une moue exaspérée de l’autre.

- Ravie d’avoir pu aider à la résolution d’un conflit meurtrier, ai-je amèrement lancé.

- Ne t’en fais pas, me lance Kali, laisse la violence aux hommes si ça les amuse de s’entretuer sans motif. On se contentera de notre part d’intelligence pour tenter de leur faire comprendre qu’il est généralement plus avantageux d’avoir davantage de matière grise que de muscles.

- Après quelques millénaires de conditionnement intensif peut-être a-t-on une chance, ai-je aussitôt répliqué après avoir jeté un bref regard en coin à Hayden qui fait mine de ne pas être concerné par la conversation.






Dorian surprend la réaction du jeune homme et entreprend bien vite le soin de l’intéresser à la conversation. D’un rapide mouvement circulaire, il attrape le deuxième chausson pour rapidement le lui balancer au visage, avant qu’elle n’aille rejoindre son autre jumelle, à même le sol.

- Si tu pouvais arrêter de me jeter tout les trucs pourris qui te tombaient sous la main…

- Avec des « si » on met Paris en bouteille, et Lyon sur le bouchon, ironise-t-il pour toute explication.

- Et bien tes « si » tu te les carres où tu veux mais tu m’épargnes l’odeur de tes pantoufles…

Il paraîtrait que c’est beau d’être un homme…
Si on veut faire rimer dans la même phrase les mots insolence, vulgarité, orgueil et préjugés, alors oui, c’est surement beau d’être un homme. Après tout, ce n’est qu’une simple question de point de vue…

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-98-  posté le lundi 07 avril 2008 22:52




Lassé par ce soudain vacarme, Matthew repose bruyamment l’instrument sur son socle et s’assoit  rapidement sur le bras de mon fauteuil, sous nos regards surpris. A la mine contrariée qu’il affiche, je devine que nos chamailleries lui tapent sur le système, et je ne trouve rien de bien surprenant à cela.

- Pourquoi t’arrêtes ? Lui demande Dorian en rampant pour tenter de récupérer ses projectiles.

- Vous êtes tellement bruyants, que jouer devient presque mission impossible. C’est plutôt ennuyeux, pour vous comme pour moi.

- Le jour où tu ne trouveras pas quelque chose d’ennuyeux…, rétorque Hayden le visage presque collé à celui de sa partenaire.

- Le jour où tu l’ouvriras pour dire quelque chose de réfléchi…, ai-je balancé à mon frère armée d’un petit sourire moqueur.






Surpris par ma remarque, il me fusille du regard sans pour autant chercher à répliquer. Je suis ravie de constater que je suis encore capable d’exercer un semblant d’autorité sur lui. J’apprécie ces rares moments où il arrive à faire montre d’un semblant d’humilité et de respect d’autrui. Je les apprécie et j’en profite, car c’est bien souvent que la bête furieuse et cinglante qui sommeille en lui choisit de me prendre pour cible dès qu’il en a la possibilité. A croire que passer son temps à me renvoyer paître lui procure un plaisir certain.





Accoudé à mon fauteuil, Matthew observe comme à son habitude la scène d’un air blasé. Si on connait un minimum le personnage, on s’aperçoit bien vite que cette moue désabusée est celle qu’il arbore la plupart du temps, comme si la vie avait toujours sur lui des effets des plus agaçants et qu’il tentait de s’en soustraire par la désinvolture. Se ficher de tout est devenu une sorte de seconde nature pour lui, et l’air dégagé qui s’en fait ressentir ne nous à jamais inquiété outre mesure. Alors malgré ce constant détachement, il n’en reste pas moins quelqu’un qui a besoin des autres pour se prouver son existence à travers ses râlements incessants. Parce que, parait-il, sans ces autres qui nous sont si chers, nous ne sommes rien. Parait-il…





- Dis-moi Hayden, ai-je murmuré, les toilettes n’ont pas bougé depuis la dernière fois ?

Consterné par cette question, il répond d’un bref hochement de tête, comme si le fait de répondre par un oui exaspéré allait faire subitement chuter sa quantité de salive. Sans en attendre davantage de sa part, je quitte à regret le fauteuil duquel s’empare immédiatement Matthew en se laissant choir mollement sur le coussin. La vessie douloureuse, je m’avance et m’éloigne avec empressement pour rejoindre les toilettes derrière la porte d’en face. Alors que j’abats une main pressée sur la poignée, une voix cinglante me stoppe immédiatement dans ma démarche.

- Pas celles-ci, beugle Dorian depuis le salon, elles sont bouchées depuis ce matin.

- Génial, n’ai-je pu m’empêcher de maugréer.

- Utilise les chiottes de l’étage, continue-t-il.






J’obtempère sans me poser davantage de question, et m’élance vers les escaliers que je gravis avec précipitation. Je déteste ces conversations au cours desquels on en oublie carrément la satisfaction des besoins naturels. Certaines vivent pour manger, d’autres pour passer leur vie enfermer dans des cabinets, à chacun ses passions dévorantes après tout. Me contenter de les satisfaire me suffit amplement pour l’instant…

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-99-  posté le lundi 07 avril 2008 22:59





Immobile pour la seconde fois de la journée en haut d’un escalier, je parcours la pièce du regard. N’étant que très rarement venue ici, je me retrouve plantée seule au beau milieu de l’espace, sans savoir où exactement me diriger. Ce n’est pourtant pas sorcier, il n’y a que deux portes, et un lit délaissé contre la rambarde. Je tente de concentrer quelques instants sur mon objectif immédiat lorsque mon ventre me rappelle la raison de ma présence ici. Jetant un rapide regard circulaire autour de moi, je m’aperçois que j’ignore totalement où ce trouvent les toilettes de cet étage. Ce n’est pas encore comme chercher une aiguille dans une botte de foin, mais choisir une porte sur les deux initialement présentes dépasse de beaucoup mes facultés intellectuels lorsque j’ai un besoin pressent à assouvir.





En tout bien, tout honneur, je décidé d’opter pour la porte la plus proche. Je m’avance et pénètre sans plus attendre à l’intérieur. Eblouie un instant par les rayons du soleil qui filtrent à travers les minces fenêtres éclairant la pièce, je cligne des yeux pour essayer de m’habituer à la luminosité ambiante. Quelques secondes s’écoulent encore avant que je puisse observer en détail tout les recoins de la pièce dans laquelle je viens involontairement d’atterrir. Je suis surprise par les couleurs sombres tirant sur le noir, qui colorent cette chambre. C’était comme si la volonté d’un homme s’était consacrée toute entière à assombrir ce lieu. Je trouve cet endroit infiniment triste, mais je n’arrive pas à me résoudre à le qualifier d’impersonnel. Au contraire, tout y semble bien trop personnalisé, jusqu’à la sombre guitare qui orne le fond de la pièce et luit faiblement sous les jeux de lumière. Cette chambre est une histoire, un hommage et un adieu.





Ce noir reflète une détresse informulée, une volonté brisée. Il est tout ce qu’un homme est incapable d’extérioriser. Un lieu de peine mais aussi de repos. Un lieu dans lequel se murent les douleurs et les espoirs. Un lieu étrangement vivant, pour la noirceur qui le compose…

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-100-  posté le lundi 07 avril 2008 23:10




Mon regard parcourt la pièce avec avidité, avant qu’il ne se pose et se fige sur un portrait, à demi masqué par les sombres enceintes quasiment collées contre le mur. Par simple curiosité, je m’approche et m’accroupis pour détailler le portrait d’une jeune femme au sourire lumineux. Sa peau pâle, ses cheveux d’un noir de jais et ses iris foncées me rappellent brièvement quelqu’un, mais aucun nom  ne semble vouloir se dessiner dans mon esprit. Je connais cette personne, j’en suis sure. Ou tout du moins, je connais quelqu’un du même sang…

Un brusque raclement de gorge me fait sursauter. Je ne connais que trop bien à qui appartient cette voix hautaine et un bref frisson me parcourt le corps…





- Ta sœur est plutôt jolie, ai-je murmuré sans me retourner.

A l’instant même où Tyler avait pénétré dans cette pièce, mon cerveau avait fait le rapprochement. La seule chose qui m’empêchait de relier le portrait de cette jeune femme à celui de cet homme était simplement son sourire. Celui que je n’ai jamais vu sur ses propres lèvres. Là où l’un semble inspirer la confiance et le bonheur, l’autre ne peut que susciter la crainte et le mépris…

- Prends tes aises je t’en prie, cingle-t-il d’une voix mauvaise.

Les bras croisés contre son torse, il me toise avec son habituel air froid et dédaigneux. Le seul sentiment qu’il semble décidément en mesure d’exprimer. Une illusion permanente derrière laquelle il peut se fondre sans n’en laisser rien paraître.






- J’allais partir, ai-je précisé en me levant.

- Mieux vaut pour toi que tu t’y tiennes…

La menace voilée derrière un écran de mépris me percute de plein fouet. L’espace d’un instant, je me prends à éprouver une incommensurable pitié envers cet être brisé par cette vie qui ne veut plus de lui. A force de vouloir la fuir et la rejeter, celle-ci a fini immanquablement par se venger. Elle frappe, inlassablement, détruit les barrières que chacun s’efforce tant bien que mal de créer. La vie nous mettra tous à genoux, quoi qu’il arrive. Et pourtant, lui il reste toujours là, inébranlable. Comme si les choses n’avaient plus aucun poids, aucun impact. Seule l’accompagne cette terrible indifférence. Puisque sa vie n’a plus de raison d’être vécue, elle n’a pu n’y laisser qu’un vide… Un vide sans fond, dans lequel il peut se laisser aller à croire que son existence n’a plus aucun sens…

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-101-  posté le lundi 07 avril 2008 23:16




Mon ignorance sur son passé me pèse, comme si je voulais l’aider à atténuer ce vide. Je le maudis, et paradoxalement je le plains. Je plains son passé, je plains son présent, et surtout je plains l’inexistence de son avenir. Faire croire qu’être au dessus de tout protège, n’exempte pas chacun de replonger un jour. Je m’éloigne lentement jusqu’à la sortie et passe prudemment à sa hauteur en croisant son regard dans lequel je me noie et je m’étouffe. Chancelante, je le laisse loin derrière moi, immobile face au portrait de ce passé révolu. Les temps changent, les gens changent. La vie nous change, après tout, nous ne sommes que ses pions…





Sans esquisser le moindre geste, Tyler reste le regard braqué sur le sourire bienveillant qui illumine le visage de sa sœur. Le bonheur  est immatériel, et il n’arrive plus à le saisir. Il se dérobe sous ses doigts, se joue de lui, de ses sentiments et de sa rancœur. Il est fatigué de courir après ce rêve insensé, fatigué de vivre sans en éprouver la moindre satisfaction. Des personnes sont pourtant là pour tenter de combler cette brèche invisible, cependant ils ne parviennent pas à guérir la douleur de cette disparition. Sa plaie ne saigne pas, elle est simplement trop profondément encrée pour pouvoir un jour émerger de sa carapace... Lassé de devoir ressasser des instants qu’il aurait préférer oublier, Tyler se laisse tomber sur le bord du lit, en compagnie de ses deux seules amies.





Silence et Solitude.

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A suivrationner...
Bon allez premièrement de la premièritude, je suis désolée du retard ^^.
J'ai pas mal trainer pour la faire, et j'ai mis du temps à l'écrire. En plus les prof nous ont pris dernièrement pour des surhommes, alors ça n'arrange pas vraiment mes affaires .

Après ce petit aparté, j'espère que ça vous a quand même plu.
N'empêche vous êtes chanceuses today, Matthew, Tyler, Hayden et Dorian dans la même maj, c'est pas tout les jours que ça m'arrive tiens xD. Aaah, qu'est ce que je l'aime ce Tyty, avec son côté traumatisé de la life (TDLL pour les incultes xD).
Je pense aussi que pour les lecteurs de Remain, vous êtes ultra ravi(e)s de revoir Matt (ironie, ironie xD). Avouez qu'il vous avait manqué hein ^^
Breffouille, prochaine maj a une date indéterminée, bien que je sois en vacances à la fin de la semaine. Je ne suis pas sure d'être là du tout, donc je ne promets rien. 
Déjà que j'vais aller enquiquiner Gwenounette chez elle, j'peux pas tout faire xD.
J'taime mamie  merci de m'accueillir dans ton humble demeure
Allez 'Zou all <3 

PS: J'ai appris que certains voulaient avoir des nouvelles des anciens perso. Si l'idée vous tente, n'hésitez pas à m'en toucher deux mots xD. Afin de mettre un terme au massacre, petit rappel: Matt est l'ancien amant de Kendra, en aucun cas son frère (c'est Will xD) ou qui que ce soit d'autre.

Edit du 15/04: Suitounette dans la semaine, je ne sais pas encore vraiment quand ^^
J'essaye de faire au plus vite  Et je n'ai pas non plus chômer, vu que j'ai aussi réussi à mettre une suite sur Fool-Illusion xD
Enjoy

Pour Melly: Tu peux utiliser cette adresse là if you want ^^
Kilasimsephora@hotmail.fr 

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Montageounets by Nell, Lolo et Choconutella créatrices d'un non-nutella blog  


   




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