
Kali hoche brièvement la
tête et s’empresse de se retourner, pour faire face
à mon frère, qui soutient son regard aguicheur sans
l’ombre d’une hésitation. D’un mouvement
lent, il remonte sa main jusqu’à la courbe de ses
reins en affichant son éternel sourire provocateur. Dorian
surprend l’action avant même que je n’ai le temps
de penser à regarder dans leur direction, et leur lance un
chapelet de jurons retentissants.
- On ne dérange pas trop j’espère ?
Grommelle-t-il.
- Pas plus que d’habitude, répond Hayden du
tac au tac.

Blessé dans son orgueil et un
tantinet blasé, Dorian baragouine quelque chose
d’incompréhensible que je ne cherche par ailleurs
absolument pas à déterminer, avant de
s’enfermer dans un mutisme sans attendre un nouveau coup
d’éclat des deux tourtereaux.
- Si vraiment ça te déplait, reprend mon
frère, tu peux toujours tenter ta chance avec
Matthew.
Ce dernier braque vers lui un regard haineux tandis que
Dorian se contente de lui balancer en plein visage une pantoufle
qui trainait par là. J’assiste à leur joute
amicale sans pour autant me lancer dans la bagarre, de peur
d’en esquinter un au passage. Non pas que je surestime mes
capacités physiques, mais je préfère
plutôt, par acquis de conscience, me tenir loin de ce genre
de bataille animée, avant d’être, bien
malgré, moi encore obligée de jouer aux
infirmières de dernière minute après en avoir
éborgné involontairement quelques
uns…

- Hayden, ai-je finalement
déclaré pour empêcher au conflit de
s’envenimer, et ensuite me retrouver avec une bataille de
briques sur les bras.
Immédiatement après cette vulgaire tentative
de paix, je me retrouve simultanément, un regard
désapprobateur de l’un, et une moue
exaspérée de l’autre.
- Ravie d’avoir pu aider à la résolution
d’un conflit meurtrier, ai-je amèrement
lancé.
- Ne t’en fais pas, me lance Kali, laisse la
violence aux hommes si ça les amuse de s’entretuer
sans motif. On se contentera de notre part d’intelligence
pour tenter de leur faire comprendre qu’il est
généralement plus avantageux d’avoir davantage
de matière grise que de muscles.
- Après quelques millénaires de conditionnement
intensif peut-être a-t-on une chance, ai-je
aussitôt répliqué après avoir
jeté un bref regard en coin à Hayden qui fait mine de
ne pas être concerné par la
conversation.

Dorian surprend la réaction du
jeune homme et entreprend bien vite le soin de
l’intéresser à la conversation. D’un
rapide mouvement circulaire, il attrape le deuxième chausson
pour rapidement le lui balancer au visage, avant qu’elle
n’aille rejoindre son autre jumelle, à même le
sol.
- Si tu pouvais arrêter de me jeter tout les trucs pourris
qui te tombaient sous la main…
- Avec des « si » on met Paris en bouteille,
et Lyon sur le bouchon, ironise-t-il pour toute
explication.
- Et bien tes « si » tu te les carres
où tu veux mais tu m’épargnes l’odeur de
tes pantoufles…
Il paraîtrait que c’est beau d’être
un homme…
Si on veut faire rimer dans la même phrase les mots
insolence, vulgarité, orgueil et préjugés,
alors oui, c’est surement beau d’être un homme.
Après tout, ce n’est qu’une simple question de
point de vue…















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merci de m'accueillir dans ton humble demeure
Et
je n'ai pas non plus chômer, vu que j'ai aussi réussi
à mettre une suite sur 





