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-112-  posté le vendredi 18 avril 2008 14:35




Ne sachant que répliquer, et de peur de se ridiculiser une fois encore, il lâche un bref soupir reflétant son profond désarroi et braque sur sa sœur un regard timide.

- T’es méchante, dit-il sur un ton que le plus grand des tragédiens lui aurait envié.

Attendrie, Amy lui renvoie un sourire rassurant.

- Ouuh le pauvre petite chien battu, rit-elle.

Elle se rapproche de lui et le serre dans se bras. Surpris par ce soudain élan d’affection, Tyler se laisse aller à ce moment d’intimité. Il lui rend son étreinte et reste ainsi, immobile au creux des bras de sa sœur. Le serment de leur enfance lui revient lentement en mémoire, et une ébauche de sourire nait sur ses lèvres. Elle lui avait promis, et elle était encore là. Que lui fallait-il de plus pour qu’il se sente profondément heureux ?






- Que c’est mignon, ricane brusquement une voix féminine et indéniablement moqueuse.

Tyler s’écarte rapidement de sa sœur, qui le dévisage, interloquée par sa réaction. Comme honteux de s’être fait prendre en flagrant délit de tendresse, il lance vers l’adolescente qui se tient derrière la barrière un regard peiné.






- Salut Gwen, murmure-t-il d’une voix à peine audible.

La jeune fille ne s’aperçoit même pas de ses paroles, et se contente de lui renvoyer un regard sauvage.

- Dommage, ironise-t-elle, c’était presque touchant.






Contrariée par l’apparition de l’adolescente, Amy la fusille du regard mais ne rétorque pas. Bien qu’elle n’apprécie pas outre mesure cette petite péteuse, l’amour inconditionnel que lui porte son cadet l’empêche définitivement de faire quoi que ce soit. Les sentiments ne se choisissent pas, mais elle aurait donné cher pour que ceux de son frère se portent sur quelqu’un d’autre que cette jeune fille aux paroles acerbes et aux gestes violents.





- Toujours aussi mièvre Tyler, crache-t-elle finalement avant de s’éloigner d’un pas lourd vers la maison adjacente.





L’adolescent ne trouve rien à redire, et se contente de rougir légèrement. Il ignore comment, mais il en est venu à aimer cette fille et ses manières franches et directes. Il ignore pourquoi, mais à ses côtés il se sent idiot. Insupportablement idiot…

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-113-  posté le vendredi 18 avril 2008 14:42




Accoudé au bar, Tyler dévisage les personnes présentes d’un regard morne. Son regard s’attarde sur chacune d’elles et il les observe sans vraiment les voir. Que lui importe ces inconnus venus ici pour des raisons toutes aussi risibles que les siennes. Que lui importe ces femmes qui lui tournent autour en gloussant plus stupidement les unes que les autres. Peu lui importe les verres vides qui commencent lentement et surement à s’accumuler devant lui. Sa vue se trouble au rythme des mélanges qu’il ingurgite, à mesure que le poison de l’oubli  s’insinue dans ses veines. Mais l’oubli ne le guérit pas, il le tue à petit feu. Le consume le temps d’une soirée, avant que le passé ne lui soit finalement régurgité. Craché dessus comme une ultime preuve à la complexité d’une vie.





Il est désormais trop tard pour faire marche arrière, la machine est enclenchée. Il pourrait arrêter quand il voudrait, mais là est le problème. Il ne veut pas. Ne se sent pas la force de se priver de ces pauses dans la monotonie de sa vie. Il veut casser le rythme, marquer le pas sur toutes ces choses auxquelles il est confronté. Rien qu’une nuit, il veut redécouvrir la signification du mot rire. Rire de tout, et rire de rien. Rire parce que l’alcool l’y aide, le soutient dans son autodestruction. Un ami fiable, sans préjugé ni sentiments. La promesse d’une nuit sans rêve…





Alors qu’il entame un énième verre, une frêle silhouette pénètre dans la grande pièce et s’installe au bar. Les cheveux soigneusement relevés en un chignon impeccable, la jeune femme apostrophe l’un des serveurs et annonce sa commande. Intrigué, Tyler suspend son geste et choisit s’asseoir aux côtés de sa nouvelle proie. Une pour chaque nuit passée un verre à la main. Une pour chaque larme anciennement versée. Un prix de groupe, pour une douleur solitaire.





Le verre à la main, il s’installe près d’elle et la dévisage avec attention. Celle-ci s’aperçoit finalement du poids du regard qui pèse sur elle tourne la tête dans sa direction.

- Bonsoir, dit-elle simplement.





Le couteau s’enfonce plus profondément dans la plaie. Le mot s’y glisse et s’y fait une place de choix. Il est ici chez lui, guidé par la voix suave de sa propriétaire. Celle qui connait ce corps, celle qui connait ce cœur. Celle qui ne connait rien à la douleur. Ni passé, ni présent, ni avenir. Seulement le poids déchirant de la haine à la seconde même où leurs regards ce sont croisés. A jamais innocente derrière son sourire, Gwen toise cet homme que la vie a rejeté. Ni passé, ni présent, ni avenir. Seulement le désespoir d’une perte irrémédiablement douloureuse. L’oubli est l’apanage des faibles.

Ni passé, ni présent, ni avenir…

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 A suivrre...
Plus la fin de l'année approche, et plus mes maj sont espacées ^^"
C'est pour ça que je vais vous prévenir dès maintenant, je ne serai probablement plus en mesure d'assurer une maj par semaine, sachant que le bac approche et que l'été arrive à grand pas. Je suis en période de petite démotivation, alors je préfère profiter de mes vacances ^^ J'espère vraiment pouvoir terminer cette histoire, mais vu à la vitesse où le temps passe, je suis en train de me poser sérieusement la question, parce qu'à la rentrée, je ne serai plus là xD

Brefouille, parlons de choses plus passionnantes
Alors cette petite majounette sur Tyty ? Il est pas aidé dans la vie le pauvre vieux xD. Et encore, c'est pas fini, il manque encore des élèments... Peut-être que ceux qui ne l'aimaient pas le voient d'un oeil différent maintenant. Ce pauvre TDLL, il est pas sorti de l'auberge xD. Sur ce, pas de maj cette semaine parce que je m'en vais rendre visite à Mamito Gwen (qui a tellement insistée pour apparaitre aux côtés de Tyler, que j'ai du céder, imginez-vous qu'au départ elle devait s'appeler Kathleen xD) qui a bien gracieusement acceptée de m'héberger à Bordeauwood  La recherche du Tyler grandeur nature n'attend pas xD
Bisouuuuus à tous 

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Montageounets
By Nell', Lisa et Lolo. Merciiii {#} 


    



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-114-  posté le dimanche 11 mai 2008 23:55




L’esprit ailleurs et les jambes engourdies, Chris descend avec toute la lenteur dont il est capable de l’élégante voiture noire récemment louée à l’agence du quartier, en prenant bien garde à ne pas érafler la portière. Il se relève souplement et jette un rapide coup d’œil aux alentours. Il ne connait encore rien de cette ville, et encore moins de ses habitants. Ou plutôt ne connais plus. Qui aurait pu croire qu’il y avait passé son enfance ? Il a toujours cru qu’il n’avait rien laissé dans cet endroit, et continue d’ailleurs d’y croire. Rien de cher, ni de précieux. Seulement des problèmes et des embrouilles à tout va, soigneusement abandonnés sur le bas côté de la route. Un passé pesant, chargé de personnes aux visages le plus souvent méprisés. Un passé rejeté au plus profond de sa conscience. Il n’est plus cet enfant insouciant, plus cet adolescent aux fréquentations étranges, plus cette brute colérique et violente de ses souvenirs.





Il a fui son ancienne vie, et n’a absolument pas l’intention d’y retourner. Il n’y a pas de retour en arrière possible. Il ne veut pas redevenir ce qu’il était. Autrefois… Peut-être est-ce là la principale raison de sa fuite. Fuite qui s’avère finalement être plus une évasion que toute autre chose. Il avait voulu simplement se libérer d’un poids écrasant, d’une vie de débauche et des problèmes qui l’accompagnent inexorablement. Avant de toucher le fond, il avait décidé de relever la tête et d’apprendre à voler. Seul.





Inspirant une grande bouffée d’air, il verrouille soigneusement la portière du véhicule et fais quelques pas le long du trottoir. Des souvenirs diffus refont soudainement surface, principaux témoins d’une adolescence tourmentée. Il se revoit un instant, un sachet de poudre blanche soigneusement dissimulé dans sa parka noire, prêt à changer de main. Il entrevoit des visages, des voix, des cris. Les fantômes du passé ne disparaissent jamais vraiment, semble-t-il. Ils se contentent de roder et d’attendre leur tour pour entrer en piste. Ils sont là pour nous faire nous rappeler. Nous souvenir. De tout comme de rien. Ils sont là, et quoi que l’on fasse, le seront toujours. C’est ainsi, et il n’y peut rien. Strictement rien...

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-115-  posté le lundi 12 mai 2008 00:13




Avec la lenteur propre à la nouvelle personnalité qu’il s’est efforcé de forger, il retire calmement son paquet de cigarette de la poche de son costume gris. Gris comme son humeur. Gris comme sa vie. Un étrange mélange d’amertume et de fadeur. Il a beau apprécier ce qu’il est devenu, il ne peut s’empêcher de regretter ce qu’il a laissé derrière lui. Qui il a laissé derrière lui… Les objets ne remplacent pas les gens, ils en effacent doucement l’image. Les nouvelles rencontres ne permettent pas d’oublier, elles se contentent de nous faire regretter. Dans le fond l’être humain est faible, incapable de se détacher de ce qu’il a été, vécu ou connu. Alors même s’il se force à le nier, il ne peut cependant pas rejeter ce passé qui a fait de lui ce qu’il est actuellement. Simplement parce que c’est ce parcours qui l’a forgé. L’a taillé dans la roche avant d’en affiner les traits. L’homme est un roc et se prend pour tel. Mais même le plus dur et solide des rocs, peut lui aussi être brisé.





Brisé… Cette notion ne s’applique pas vraiment à sa personne. Il assume son choix, il assume sa fuite silencieuse de son départ. Mais pourtant il y a une chose qu’il n’arrive toujours pas à assumer, et ce, malgré le poids écrasant des années. Mais il est maintenant trop tard pour s’acquitter de ce poids. La mort ne permet pas aux vivants de réparer leurs bêtises, ni de soulager leurs maux et leurs conscience. Désormais, Chris a appris à vivre avec l’amertume d’un pardon non accordé. Après tout, un frère est comme un objet précieux. Un bien irremplaçable…





Tirant une nouvelle bouffée sur la cigarette récemment rougie par le feu du briquet, il observe enfin soigneusement les lieux. Fermer les yeux ne rimerait strictement à rien, il est en âge d’assumer son idiotie passée. Quant à savoir s’il peut en assumer les erreurs, il n’est pas sur d’y être vraiment préparé… Rien ne semble avoir vraiment changé. La porte d’entrée est toujours gardée par deux puissants videurs, taillés comme des bulldozers. La musique semble toujours aussi assourdissante et les enceintes crachent inlassablement les mêmes décibels. La techno n’est décidément pas l’art musical qu’il apprécie le plus en ce monde. Trop bruyant. Trop répétitif. Trop ennuyeux. Il semblerait que le temps n’est pas encore eu le temps de tout effacer…





Avisant le banc miteux qui trône, face à la route, il s’y dirige d’un pas lourd. Même le banc de bois clair n’a pas bougé, à croire que les responsables de la ville aient jugé bon laisser trainer toutes les vieilleries du coin. Il s’y assoit finalement après avoir fait rapidement tomber les centres d’un mouvement de poignet. La cigarette de nouveau aux coins des lèvres, il laisse ses doigts parcourir le bois abîmé. Il repère rapidement ce qu’il cherche et un sourire triste s’étire lentement sur son visage sous le toucher de deux noms soigneusement gravés. Il avait cru pouvoir aimer lui aussi, à une époque. Il avait cru pouvoir protéger. Il avait cru pouvoir chérir. Et il avait cru y perdre le cœur lorsque son rêve a éclaté. Libéré de sa bulle de couleurs, le monde lui avait paru fade et étrangement vide de sens. Désormais il sait que, tout comme la vie, l’amour n’a rien d’éternel. N’a même peut-être rien de beau. Tout dépend de la personne. Tout dépend de la volonté d’y croire. Tout dépend… Rien n’est jamais acquis, tout est éphémère…

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-116-  posté le lundi 12 mai 2008 00:35




Cette ville se révèle être à la fois son berceau et son cercueil. Son poison et son antidote. L’antithèse d’une vie par une adolescence gâchée. En cet instant d’éternelle remise en question, il se trouve stupide. Lamentablement stupide. Il veut être fort, faire croire que la vie n’a aucun impact sur lui, qu’elle lui glisse dessus comme l’eau ruisselle sur les plumes des oiseaux. Seulement l’oiseau sait voler, alors que lui n’est qu’un oisillon maladroit à la démarche vacillante. Une petite chose fragile qui a essayé de prendre son envol et qui a pitoyablement échouée à l’endroit même de sa première tentative. La seule différence entre ces deux instants, c’est que plus d’une trentaine d’années les sépare.





L’oisillon ne deviendra jamais le majestueux cygne qu’il aurait pu devenir. Après tout, le vilain petit canard est né pour rester méprisable et insignifiant… Serrant les poings à s’en faire blanchir les phalanges, il ne peut s’empêcher de regretter. De s’apitoyer et de se détester. Se détester tout comme il a su détester son frère. Su le maudire et le haïr. L’un avait tout et l’autre n’avait rien. C’était ce qu’il s’échinait à croire. C’était pourquoi il le frappait, lui. C’était pourquoi il le rabaissait, lui. C’était pourquoi il avait sombré, à cause de lui…

Lui qui n’était qu’un enfant. Lui qui ne comprenait pas.

- Sonny, bredouille-t-il pitoyablement.






La dernière fois qu’il lui avait adressé la parole, Chris lui avait laissé un bel œil au beurre noir. Il voulait qu’il sache à quel point il lui en voulait d’être ce qu’il n’avait pas pu devenir lui-même. Maintenant que son jumeau n’est plus là pour écouter ses remords et acquiescer calmement aux moindres paroles prononcées, il s’aperçoit qu’il avait été aveugle. Atteint d’une cécité maladive. Par un complexe d’infériorité écrasant... C’était ça qu’il avait fui. Son frère. Celui qu’il n’avait jamais pu être. Celui qui avait souffert de ses colères sans broncher. Celui qu’il aimait mais à qui il ne pourrait plus jamais rien avouer…





L’image de l'oiseau qu’il avait jusqu’alors essayé de devenir se ternit et son chant s’essouffle. Il est temps pour ses plumes de redevenir duvet. Il est temps pour le papillon de redevenir chrysalide. Il est temps pour l’homme de redevenir humain, d’accepter sa vie et ses erreurs. D’accepter ses sentiments. De s’accepter, lui.

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