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-27-  posté le jeudi 21 février 2008 15:38




Tyler patiente près de la machine à café, une moue agacée délibérément figée sur son visage. Il déteste cordialement son job qui le conduit ici deux jours par semaine, mais pour l’instant il n’a guère le choix s’il tient à garder sa place dans son école d’arts appliqués, ainsi que la petite maison qu’il occupe depuis maintenant presque un an avec Dorian. Cependant, c’est plus fort que lui, de voir ainsi tous ces élèves inélégamment vêtus, et qui plus est de manière affreusement semblable, arpenter les couloirs du lycée ne fait que renforcer son hostilité grandissante envers eux, ces adolescents boutonneux qu’ils considèrent comme totalement immatures.

Il déteste la foule. Il déteste le monde.
Ce maudit sentiment d’oppression qui l’étouffe.
Toutes ces personnes aux mines réjouies et guillerettes.
Tout ce bonheur inutilement gâché l’insupporte…






- Tyler ?

L’interpelé se retourne immédiatement, pour rencontrer le visage angélique d’une jeune femme blonde, aux courbes généreuses et à la plastique parfaite, moulée dans un uniforme flambant neuf.

- Lâche-moi Stacy, maugrée-t-il en lui tournant délibérément le dos.

- Hors de question, crache cette dernière. Tu avais promis de m’appeler hier, et moi en bonne poire j’y ai cru. Putain tu te prends pour qui pour donner ainsi de faux espoirs au gens ?

- Je ne t’ai rien promis du tout alors arrête de me saouler avec tes principes bidons.

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-28-  posté le jeudi 21 février 2008 15:46




La jeune femme serre imperceptiblement les poings. Se faire rejeter de la sorte lui fait beaucoup trop mal pour qu’elle ne se permette de faire comme si de rien n’était. Maintenant qu’elle a réussi à se faire une place auprès de lui, elle compte bien la garder.

L’amour est aveugle…


- Tyler, tu ne peux pas dire ça après l’autre nuit que nous avons passée ensemble !

- Bien sur que je peux, la cingle-t-elle d’une voix froide et lointaine.

Désespérément aveugle…

- Je peux même faire bien pire…

Les mots font mal, souvent bien plus que les actes. Les illusions s’évaporent, brutalement. Elle a tant voulu y croire que la chute n’en est que plus brutale.





- Tu es immonde… lâche-t-elle alors qu’une larme glisse lentement le long de sa joue.

A ces mots crachés avec un semblant de dédain, Tyler fait immédiatement volte-face. On les lui a si souvent répéter qu’ils ne le touchent plus. Sa carapace est bien trop solide, renforcée par les blessures du temps, alors que celle des autres est si vulnérable…

Ils sont vulnérables. Il les méprise, méprise leurs faiblesse et leurs sentiments. Les femmes ne sont pour lui que des objets, une distraction bienvenue mais bien trop souvent encombrante… L’amour fragilise, la peur paralyse, la haine aveugle. Voila sans doute pourquoi il a décidé d’ignorer ce que trop de monde choisit de suivre…





- Je suis sans doute immonde, mais toi tu es pitoyable.

Stacy le dévisage avec de grands yeux rougis par la douleur. Elle baisse la tête, lassée de devoir se battre contre un monstre au cœur de glace. Vidée de toute énergie et de tout espoir, elle commence à faire demi-tour en espérant de tout cœur, que cette scène n’est en fait rien d’autre qu’un rêve.
Un songe douloureux à l’amère sonorité de désespoir…

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-29-  posté le jeudi 21 février 2008 15:55




Alors qu’elle allait disparaître au bout du couloir, Tyler la rattrape et la force à se retourner, en l’attrapant sans douceur par le bras. Il ne prononce pas un seul mot, et se contente de la fixer de ses grands et envoûtants yeux sombres. Il peut en faire ce qu’il en veut, et en est parfaitement conscient. Sa douleur se doit d’être partagée… L’amour engendre le désespoir, son désespoir.

Pourquoi les gens veulent à tout prix croire en la force des sentiments puisqu’ils ne font que faire souffrir davantage ? Cela fait bien longtemps qu’il l’a compris. Au dépend des autres…





Tyler rapproche son visage des lèvres pulpeuses de la jeune femme qui ne réagit pas, incapable de comprendre ce soudain revirement de situation.  Ce n’est que lorsque leurs bouches avides rentrent en contact qu’elle réalise subitement.

Il
est revenu…

- Ne te méprends pas sur mes intentions, lui susurre doucement Tyler.

Sans lui laisser le temps de répliquer, il l’entraîne dans le dédale sans fin des couloirs de l’établissement avant de pousser lourdement le battant de la porte des toilettes. Stacy a choisi de le suivre. Peu importe que les évènements futurs lui déplaisent, elle veut profiter de ce qu’il est près à partager avec elle, quoi que cela lui coûte.

Elle veut continuer à y croire.
Elle vit dans l’attente, dans l’espoir chimérique d’un futur merveilleux.
Cet espoir utopique qui la détruit à petit feu…

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-30-  posté le jeudi 21 février 2008 16:24




Lentement, Tyler l’entraîne dans l’un des toilettes et prend soin de refermer la porte derrière eux, avant de reprendre possession des lèvres de sa partenaire qui lui répond avec fougue. Les vêtements de la jeune femme se retrouvent bien vite au sol, froissés et piétinés par deux corps animés par un désir commun. Tyler est brusque, distant. Ce n’est pas les sentiments qu’il désire. L’amour ne lui a jamais rien apporté. Il veut seulement jouir du plaisir que chaque homme recherche. Ce petit instant de sérénité, ce jeu avec une poupée de chair...

Animé d’un instinct presque bestial, il se débarrasse rapidement de son pantalon qui entrave encore sa jouissance et pénètre violemment sa partenaire, sans se soucier des conséquences de ses actes. Il a seulement besoin de pouvoir se faire du bien. Encore une fois. Le soudain cri de douleur qui s’échappe des lèvres de la jeune femme l’excite encore davantage, et il accélère ses mouvements de bassin, qui claque entre les cuisses de la jeune femme qu'il maintient ouvertes d'une poigne ferme.





Peu lui importe qu’elle souffre, il ne fait cela que pour lui.
Pour son plaisir, pour sa démence. Pour lui l’amour ne signifie plus rien. Il y a bien longtemps qu’il a renoncé à l’emploi même de ce mot. Parce qu’en cet instant, il n’est qu’un homme profitant pleinement d’une partie de jambe en l’air. Du sexe à l’état brut. De la violence volontaire, de l’amour sans douceur. Seulement de la sueur, des cris et des larmes. Une violente volonté de faire souffrir.

Arrivé au paroxysme de sa jouissance, Tyler soupire de contentement et laisse sa semence s’écouler le long des jambes de Stacy. Ravi par cette petite distraction occasionnelle, il se retire et entreprend de se vêtir en vitesse. Il ne tient pas particulièrement à ce que le directeur ou l’un des professeurs surprenne un pion en train de coucher avec une de leurs élèves.





Un sourire narquois aux coins des lèvres, il sort des toilettes sans se préoccuper de la jeune femme, qui git sur le sol, ses vêtements négligemment posés contre son corps nu.






Elle le savait.
Elle le savait et pourtant elle a accepté de le suivre. Souillée par un homme à qui elle s’est volontairement soumise, Stacy réprime un haut le cœur et laisse les larmes s’écouler le long de ses joues. Elle sait maintenant que l’amour inconditionnel fait souffrir. Irrémédiablement souffrir… Tyler lui transmet son savoir, écrase ses doutes et broie sa volonté pour lui renvoyer en pleine tête sa douloureuse froideur. Son cœur souffre, a jamais brisé par son indifférence…

Et pourtant, elle a fait son choix.
Elle l'a choisi, lui.

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-31-  posté le jeudi 21 février 2008 16:29




Mes jambes ne me portent presque plus lorsque j’arrive enfin devant l’enceinte du lycée. Je m’arrête quelques secondes pour reprendre mon souffle et fais signe à Josh de continuer. Je ne souhaite pas le retarder davantage. Il risque déjà de se faire choper pour tenue incorrecte, alors je ne tiens pas non plus à ce que ce soit pour retard non justifié.
Je continue mon chemin en marchant d’un bon pas, la respiration saccadée pour ensuite jeter un coup d’œil à la pendule. Je soupire, on est à peine lundi et j’arrive déjà plus de cinq minutes en retard. Je réfléchis deux secondes pour essayer de me remémorer mon emploi du temps. Il me semble que j’ai deux heures d’histoire, plutôt original pour une terminale ES…

Plutôt que de me rendre immédiatement dans ma salle de classe, je préfère faire un petit tour par la vie scolaire, histoire de présenter un mot d’excuse potable au prof et ainsi éviter de me faire directement jeter de cours.





Je parcours les quelques dizaines de mètres qui me séparent de l’intendance avant de me stopper net devant le bureau désespérément vide. Je réprime un soupir méprisant, ils sont payés pour faire quoi les pions ? La vaisselle ?
Décidée à m’en tenir à mon plan A, sachant que, de toute manière, je n’avais pas de plan B, je pénètre dans le bureau des surveillants après avoir rapidement refermé la porte derrière moi. Je m’empare du papier caractéristique des retards et commence à griffonner quelques mots avant de signer et de tamponner le tout.






- Je ne te dérange pas trop j’espère ? Déclare soudain une voix étrangement familière, et que j’aurais préféré ne jamais entendre.

- Tyler… ai-je marmonné entre mes dents.

Ce dernier me lance un regard glacial et entre à son tour dans le bureau. Je ne sais absolument pas si je dois m’attendre à recevoir une gifle retentissante, à écouter un blâme horripilant ou à jouer dans un remake de massacre à la tronçonneuse.

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