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-32-  posté le jeudi 21 février 2008 16:36




Contre toute attente, il se contente de m’arracher le papier des mains et de le jeter dans la corbeille la plus proche, avant de me fusiller de son éternel regard méprisant. Face à lui, la signification du mot imbuvable prend tout son sens.

- T’as pas besoin de ça. La prochaine fois tu y réfléchiras à deux fois avant de t’introduire dans l’intendance.

- Ah parce que tu crois que le prof va m’accepter en cours sans mot d’excuse ? Lui ai-je dédaigneusement craché.

- Ne t’en fais pas, tu ne seras pas la seule en retard aujourd’hui, me répond-il en souriant étrangement.

Je ne sais pas vraiment quel sens donner à ses paroles, aussi me suis-je contentée de quitter la pièce sans faire attention à son éternel regard froid et méprisant que je sens peser lourdement sur moi, et m’éclipse rapidement.



(Il ne vous dit rien ce perso ? )

Je parcours une bonne moitié du lycée dans sa longueur pour enfin parvenir devant la salle. J’hésite fortement à toquer, puis me résigne finalement à tenter le coup. De toute façon, hormis de me faire littéralement ridiculiser en public je ne risque absolument rien…

- Entrez, annonce une voix grave et posée.

Je pose une main sereine sur la poignée de la porte que j’entrouvre doucement. Je pénètre dans la salle sous le regard surpris de quels élèves et celui plus désabusé, de mon professeur d’histoire.

- Vas t’asseoir, m’ordonne-t-il sans pour autant ne me demander aucune justification quant au motif de mon retard. Tu as de la chance qu’aujourd’hui soit une journée de retard collectif.

Je dévisage quelques personnes connues, fais un bref signe de tête aux jumeaux et laisse mon regard s’attarder sur la silhouette de Stacy, recroquevillée sur sa chaise, au fond de la pièce. Son attitude me surprend, elle qui est d’habitude toujours active, souriante et bavarde ressemble presque plus à une personne morte que vivante.





Je choisis de m’asseoir à la table jouxtant la sienne pour ensuite lui lancer un regard interrogateur auquel elle ne prête pas la moindre attention.

- Stacy ? Ça va ? Lui ai-je demandé.

Elle ne me répond pas et s’enferme un peu plus dans son mutisme. Je tente alors mon coup avec Kali, la sœur jumelle d’Ethan, littéralement avachi sur sa chaise à l’arrière de la classe et qui me dévisage en riant.

- Il se passe quoi ici ? Un cadavre a tenté de la kidnapper ce matin ?

- Je n’en sais pas plus que toi, me répond-elle simplement avec un petit sourire.

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-33-  posté le jeudi 21 février 2008 16:49




- Cela te pose un problème que je parle en même temps que toi peut-être Kaley ? Si tu le juge nécessaire, je peux aller faire cours dans la salle d’à côté, tu seras plus tranquille pour bavasser, déclare Mr Douglas armé de son éternelle ironie.

Je baisse la tête pour ne pas me faire davantage remarquer, mais il semblerait qu’il ait décidé de ne pas me lâcher d’une semelle.

- Bon, puisque apparemment tu as envie de parler, tu vas pouvoir nous résumer le cours de vendredi dernier.

J’étouffe un juron. Putain fallait que ça tombe sur moi, et justement quand je n’ai absolument rien appris. Je tente désespérément de me remémorer quelques passages importants, mais seules quelques bribes de souvenir me reviennent en mémoire.





- Euuh PI : pas intéressée, ai-je finalement tenté.

Si c’est pour me planter, autant me planter dignement. Je déteste faire les choses à moitié…
Mr Douglas se rapproche lentement de ma table en affichant un air contrarié.


- STC : Sors ton carnet, réplique-t-il finalement.

Je le dévisage avant d’obtempérer. Voila ce que ça donne quand les élèves ont le malheur d’avoir des professeurs dans l’air du temps. Juré, c’est la dernière fois que j’écoute du Fatal Bazooka avant d’aller en cours…

- Suis moi, me dit-il.

Je me lève à regret de ma chaise et lui emboîte le pas, passablement contrariée de n’avoir pas pu parler à Stacy. Je jure tout bas et nous quittons finalement la salle sous le regard ravi des autres élèves, heureux d’avoir une raison supplémentaire pour foutre un peu le bordel…

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-34-  posté le jeudi 21 février 2008 16:54




Deux heures plus tard, je sors enfin du bureau du directeur, avec en prime trois heures de colle mercredi après-midi et un magnifique avertissement de conduite. En plus de nous obliger à porter des uniformes horribles et qui démangent, ce lycée est réputé pour sa discipline de fer et l’immanquable respect des règles.

La matinée étant désormais quasiment achevée et totalement gachée, je choisis de rentrer chez moi, plutôt que de devoir rester une minute supplémentaire dans ce lieu cauchemardesque. Je me dirige lentement vers la sortie, et suis immanquablement obligée de passer devant l’intendance. J’essaye de m’affranchir de l’obstacle en accélérant le pas, mais autant prendre mes rêves pour la réalité si je pensais que Tyler n’allait pas m’apercevoir…





- Tiens encore toi… Décidément tu es du genre collante aujourd’hui.

Je m’arrête net et le foudroie du regard, bien que sachant pertinemment que cela ne lui fera ni chaud, ni froid…

- Je t’emmerde, toi et tes réflexions à la con.

- Comme c’est touchant, crache-t-il d’une voix méprisante.

Ce mec m’insupporte. Je me demande encore comment, et surtout par quel miracle, j’ai jusqu’ici survécu à la tentative de suicide.
Sans doute son insupportable tempérament n’a-t-il aucun effet notoire sur le fonctionnement de ma vie, où ce qui s’en apparente, mais cela ne m’empêche pas de le mépriser comme jamais je n’ai pu dédaigner quelqu’un.
Sans un regard en arrière, je le laisse planter là, seul en compagnie de sa révoltante impassibilité. Elle existe réellement, cette maudite et commune aversion.
Ce dégoût de l’autre. Des autres…





"L’un dévoile, l’autre masque.
Là où l’un extériorise son mépris, l’autre le dissimule.
Là où l’un crache sur autrui, l’autre fait semblant de l’apprécier.
La vie nous effraye, nous aveugle et nous étouffe.
Nous sommes tout deux des erreurs.
Créées à la suite d’une trop grande souffrance ou de l’étonnante incapacité à souffrir.
Nous nous cachons pour mieux tenter de survivre.

Nous sommes bien trop semblables dans notre différence…"

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A suivre...
Je me rattrape vis-à-vis du temps que j'ai mis pour mettre la seconde maj.
J'espère que ce début vous plait, j'ai tellement peur de vous décevoir par rapport à Remain (pour ceux qui l'ont lu ^^)
Breffons, finalement vous voyez bien que Kaley, même si elle a hérité du caractère pourri de sa mère, n'a plus grand chose à voir avec elle sur le plan émotionnel xD
Haan, et vous avez vu le magnifique Wade (de Dark River pour les ignares) qui a endossé le rôle de prof d'histoire ? xD
Merci à ma Gwenounette d'amour de me l'avoir prété (tu me diras, c'est donnant-donnant avec Sonny )
J'te n'aime ma IW
Bisouuus all <3

PS: Et arrêtez de dire que Stacy s'est faite violer, ou sinon Gwen va vous transformer en poulet rôti xD.
Elle était consentante, donc aucun problème pour Tyler...

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Montageounets magnifiques =D
By Cassandra, Makkura et Little Cherry 
Merchiii (les prochains seront mis à la prochaines maj, promis *-*)


             




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Info de dernière minute =D
Une magnifique vidéo résumée de Remain par Gwenounette
Je t'aime espèce d'obsédée

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-35-  posté le samedi 08 mars 2008 20:57




Tyler se réveille en sursaut, le front trempé de sueur et le cœur battant la chamade. Il secoue vivement la tête et tente de chasser les sombres souvenirs venus encore une nouvelle fois le hanter. Ses cauchemars se font de plus en plus fréquents ces temps-ci, comme si la douloureuse volonté qu’il mettait dans sa tentative d’oublie était réduite à néant chaque nuit, happée par l’étrange torpeur de ses rêves incontrôlables.

Tout en maugréant tout son soûl, il s’extirpe de ses draps avec difficulté et s’étire longuement. Il déteste n’avoir aucun contrôle sur le cours des choses, pourtant, cela fait maintenant plus d’un an qu’il tente de garder ce semblant d’emprise sur sa vie, qu’il se plait à croire vécue comme il le souhaite vraiment, même si cela fait déjà bien longtemps qu'il a bani ce terme de son vocabulaire. Pour lui, la vie n'est rien.





Prenant appui sur ses avant-bras, il se met debout d’une simple poussée et se dirige machinalement vers la guitare sombre qui repose silencieusement sur son socle métallique. Il tend la main et effleure le manche avant de s’attarder quelques secondes sur les cordes tendues qui frémissent légèrement. Ce geste inlassablement répété chaque matin est devenu pour lui une sorte de rituel, comme un dernier hommage rendu à celle qu’il ne verra jamais plus. Depuis plus d’un an désormais, Tyler a cessé de vivre pour les autres, peut-être même a-t-il cessé de vivre tout court. Il se moque éperdument de leurs sourires hypocrites ou de leurs attentions à son égard. Car c’est à cause de cette foutue bienveillance qu’il avait jadis su porter, que celle qu’il considérait presque comme une mère y a laissé la vie. Trop tôt. Bien trop tôt…

Pestant contre ces pensées parasites, il se force à les refouler dans un coin isolé de son cerveau, le plus loin possible pour pouvoir ainsi profiter d’un temps de répit, avant que les maux du passé ne ressurgissent, toujours plus douloureux et oppressants. Luttant contre le prix des erreurs du passé, il replonge dans sa solitude...

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-36-  posté le samedi 08 mars 2008 21:09




Laissant ainsi là ses pénibles souvenirs, il se décide enfin à quitter sa chambre, pour s’engouffrer dans les escaliers, bien décidé à dévorer quelque chose de plus subsistant que la traditionnelle biscotte beurrée dont ce que contente habituellement Dorian, en grand adepte de petits déjeuners frugaux.

Alors qu’il traverse le salon d’un pas actif, une odeur de café et de miel de lavande parviennent jusqu’à lui. Un petit sourire amusé se peint alors immédiatement sur son visage tandis qu’il pénètre dans la cuisine pour jeter un coup d’œil amusé à Hayden, avachi sur la table, les yeux mi-clos et à Dorian reconverti en cuisinière au torse dénudé.

- Alors la tapette, tu nous la joue mère poule dès qu’un nouveau se pointe ? Lâche-t-il d’une voix sarcastique.

L’interpelé braque vers lui un regard haineux, activement affairé à retourner ses pancakes pour ne pas qu’ils noircissent plus que de coutume.






- Je t’emmerde Tyler, réplique-t-il.

- Moins fort les mecs, j’suis naze, soupire Hayden, littéralement en train de s’admirer dans son bol de céréales tant il penche la tête, avant de la relever doucement et de détailler avec suspicion la tenue de son ami. C’est la mode par ici de se balader à poil ? T’as pas peur de te faire violer ?

Dorian s’abstient de toute remarque mais serre le poing de telle manière que le manche qu’il tient au creux de sa main lui en fait mal au phalanges.

- Pas de risques, rétorque sereinement Tyler sans s’aventurer davantage dans les explications.

Il jette un bref coup d’œil entendu à Dorian et reporte toute son attention sur Hayden, littéralement endormi sur sa chaise.






- Petite nature qui n’a pas eu ses 12 heures de sommeil, ironise Tyler en prenant place à ses côtés. Comme je te plains.

- Tu saoules…

- Les gens qui ont l’étrange faculté d’avoir toujours raison saoulent toujours. Simple question de point de vue.

A cette réplique fraichement désarmante, Hayden répond par un simple sourire amical et endormi.





- Putain t’es mou, t’as fait la java sur le canap’ hier soir ou t’as confondu la Juvamine avec le paquet de somnifères ?

- « Ta gueule et laisse moi comater en paix » serait-il un concept trop compliqué à interpréter pour toi ou tu fais juste semblant d’être con ?

Tyler réprime une intense et irrépressible envie de rire.
Son propre et bien souvent radical changement de comportement dès qu’il se trouve en présence de ses amis le surprend toujours, voire en arrive presque à le troubler. Comme si l’étrange sentiment d’oppression qui l’accaparait chaque seconde s’estompait, que ses remparts s’effondrait, petit à petit.

Il ne se cachait plus, et ces rares moments d’intimités lui
donnaient une vraie raison de sourire.
L’une des seules d’ailleurs…

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