-37-  posté le samedi 08 mars 2008 21:30




Son éternel air distant laisse place quelques instants à un sourire chaleureux. Mais quelle qu’en soit la raison ou la cause, son naturel distant ainsi que cette éternelle coquille imperméable dans laquelle il se mure, finissaient toujours par réapparaitre. Comme si les choses se devaient de demeurer telles quelles avaient toujours été. Etrangement immuables.

- Considère juste que j’aime te faire chier.

- Sans blague, soupire Hayden en levant les yeux au ciel devant tant de bêtise.

Dorian de son côté se bat avec son plat, qui refuse délibérément de quitter la poêle dans laquelle il semble incrusté. Après quelques jurons poussés tout bas, celui rapplique triomphant auprès de ses deux amis, ses pancakes soigneusement beurrés dans une assiette.





- Merci maman, le raille Tyler.

- Putain t’es en grande forme aujourd’hui, le cingle Dorian. T’aurais pas oublié une partie de ta personnalité au saut du lit ce matin ?

Tyler le fusille du regard, passablement énervé de se faire reprocher son inhabituelle bonne humeur.

- Quand je râle, tu gueules, et quand je fais montre d’un peu de gaieté, tu gueules. Faudrait quoi ? Que je gueule plus fort que toi pour que t’arrêtes enfin de gueuler ?

- On atteint le summum de la stupidité, marmonne Hayden en baillant à s’en décrocher la mâchoire.





D’une humeur brusquement redevenue maussade, Tyler plante violemment sa cuillère dans ses pancakes et se fourre une bouffée dans la bouche avant de mâcher bruyamment, tout en ignorant royalement Dorian qui s’installe à son tour en face de lui.

- Ferme la bouche quand tu manges, braille le jeune blond à son intention.

- Parle à mon cul, ma tête est malade, le rabroue aussitôt Tyler d’une voix glaciale.

Le calme avant la tempête…

- Incapable de rester agréable plus de deux minutes. Dans le genre invivable et lunatique j’ai rarement vu pire.

Hayden les regarde s’entretuer verbalement, comme un vulgaire spectateur de match de tennis, impuissant à influencer ce qu’il doit se contenter d’observer. Il hausse les épaules en signe de résignation et se replonge finalement dans l’inutile admiration de ses céréales flottant dans son bol.

lien permanent

-38-  posté le samedi 08 mars 2008 22:10




Au même instant, un bref claquement sec résonne brièvement à travers les fines cloisons de la petite maison, tandis que quelques secondes plus tard, une élégante jeune femme au visage rieur encadré par de longs cheveux châtains aux boucles folles apparait dans l’encadrement de la porte, déjà vêtue de son uniforme de lycéenne.

- Hello tout le monde, lance-t-elle à la cantonade.

- Salut mon ange, répond aussitôt Hayden avec un sourire ravi tandis que Dorian la salue d’un bref mais solennel signe de tête.

Tyler braque sur la jeune femme un regard glacial et calculateur avant de la dévisager avec insistance. Décidément, aujourd’hui ils ont décidé de lui pourrir la journée.

- Salut Tyler, déclare-t-elle en souriant malgré son regard insistant.

- J’ai plus faim, se contente-t-il aussitôt de répliquer en se levant, joignant ainsi le geste à la parole.





Hayden le considère avec dépit.


- T’es pas obligé d’être désagréable.

- Ta gueule toi, c’est pas parce que maintenant tu crèches ici, que ta pouf’ est obligée de te suivre partout comme un petit chien. Alors tu me lâches et t’évites de me faire la leçon de morale ok ?!






Serrant les poings, Tyler disparait de la cuisine, le cerveau en ébullition, sous le regard attristé et inquiet d’Hayden. Cette animosité au fondement des plus vagues finira par le bouffer… Tyler s’engouffre dans le salon en serrant les poings, agacé, meurtri et furieux d’avoir dû supporter l’horrible vision de l’une de ces femmes si chèrement détestées dans sa propre maison. A nouveau, la peine chargée de souvenirs réapparait, trop irritante
pour n’être qu’un simple songe. La douleur de la mort l'aveugle tellement qu'elle provoque sa propre cécité... Laissant alors libre cours à la soudaine fureur qui l’habite, il avale quatre à quatre les escaliers. C’est tellement plus facile pour lui de se persuader de la culpabilité des autres.

- Tu t'enfermes dans le passé, entend-il lorsqu’il claque violemment la porte de sa chambre.

Oui, le passé. Ce foutu passé.
Celui qu’il tente désespérément d’oublier…
Celui qui par la faute d’une seule, sa stupide vengeance s’est
étendue à l’ensemble. Une putain histoire de famille...

lien permanent

-39-  posté le samedi 08 mars 2008 22:41




Tremblant et les phalanges blanchies sous la colère, il envoie valser le premier objet qui passe à sa portée. Il sait pertinemment que passer le restant de sa vie à reporter ses maux sur chaque femme qui croisera son chemin ne fera qu’empirer les choses. Mais il s’en fiche éperdument, tout l’indiffère tellement qu’il ne voit même plus l’utilité que pourrait avoir les efforts qu’il ne fournira sans doute jamais.

A trop aimer, il s’en est brulé les ailes.
Aux autres désormais de payer pour ce qu’il n’aura plus…

Tout en se forçant à réguler sa respiration, il ramasse son pantalon et attrape la première chemise qui lui tombe sous la main pour finalement les enfiler à la va vite. Il ne tient pas spécialement à demeurer une minute de plus entouré de son ami stupidement amoureux et de son colocataire blond, défendeur de la veuve et de l’orphelin. S’ils ne tiennent pas un temps soit peu compte de ses problèmes, très bien, qu’ils aillent au diable. Il n’a pas besoin d’eux et de leurs sarcasmes ambulants pour vivre…





Il attrape rapidement son portable qu’il fourre dans sa poche et dévale les escaliers pour tomber nez à nez avec une silhouette familière au regard accusateur.

- Tiens, tu tenais à t’excuser ? Crache Tyler avec mépris.

- Est-ce que tu t’es vu Tyler ? Est-ce que tu te rends compte dans l’état que tu te mets dès que quelque chose qui te déplait à le malheur de croiser ton chemin ? L’apostrophe alors Hayden.






- Ne fais pas semblant de comprendre quelque chose qui te dépasse, rugit-il. Toutes les femmes sont des chiennes, peu m’importe que tu me crois ou pas. Maintenant laisse-moi passer.

Hayden le dévisage, incrédule et totalement dérouté par son hostilité. Comment peut-on en venir à haïr les femmes à ce point ? Il y a des limites à ce que tout homme peut comprendre…

- Ces chiennes comme tu dis, ça ne t’empêche pas de les baiser…

- Il faut bien qu’elles servent à quelque chose.

lien permanent

-40-  posté le samedi 08 mars 2008 22:50




Hayden braque sur lui son regard contrarié. Son ami est bien trop renfermé, bien trop lunatique pour pouvoir appréhender correctement les choses.

- Tu me saoules avec ton putain de mépris de mes deux. Arrête de prendre tout le monde de haut et de penser que tu es le seul à avoir des problèmes sur Terre. T’es vraiment chiant à vouloir te limiter à tes seuls évènements passés. C’était un accident alors arrête de te borner à tes sales rancœurs sans fondements…

- Ta gueule ! Laisse les morts à leur place et retourne sauter ton joujou sans intérêt.

- Putain, mais tu reportes une simple erreur pour faire d’un cas une généralité ! Ouvre les yeux bon sang ! Tu ne vois pas que tu détruis déjà tout ce que tu touches ?





- Laisse moi passer, répète alors Tyler avec véhémence. Ma vie et ce que j’ai choisi d’en faire ne regarde que moi. Va t’éclater avec elle si ça te chante, mais ne compte pas sur moi pour venir réparer les pots cassés.


Hayden entrouvre la bouche et cherche ses mots. Comment faire comprendre à quelqu’un qui n’a déjà que trop vécu, qu’il est en train de se perdre ?

- Crois-tu que tu seras en mesure de te cacher derrière ce masque toute ta vie Tyler ? Tu peux faire gober ça à qui tu veux, mais pas à moi. Ne te fais pas plus con que tu ne l’es déjà.

- Tu m’emmerdes Hayden.






Bousculant Hayden, il se faufile jusqu’à la porte d’entrée qu’il referme avec violence. Ses altercations quasi quotidiennes avec ceux qui se prétendent être ses amis lui font perdre son éternel sang froid. Tout en les maudissant intérieurement, il ouvre la portière de la voiture et s’y engouffre pour venir s’asseoir sans douceur sur le siège. La barrière qui sépare toujours son passé de son présent est encore bien trop présente, bien trop oppressante pour qu’il puisse se projeter dans l’avenir. Quel attrait peut-on trouver à quelque chose qui n’a aucun futur envisageable ?

Muré dans son silence glacial, intouchable par delà cette indifférence qu'il a désormais fait sienne, il se contente d’attendre que l’usure du temps comble enfin les brèches de ses blessures invisibles dont il s'efforce d'oublier les brûlures.
Les cicatrices sont quelques fois bien longues à apparaître…

lien permanent

-41-  posté le samedi 08 mars 2008 23:00




Plongée dans la contemplation du tableau désespérément vierge de la moindre trace de craies, j’attends dans un ennui grandissant que la sonnerie résonne enfin pour pouvoir fuir ces cours de maths des plus barbants. Ce n’est pas que le fait d’apprendre que la dérivée de « x² » soit « 2x » me passionne, mais presque.

J’étouffe le plus discrètement possible un bâillement et jette un coup d’œil amusé à Ethan, littéralement avachi sur sa table, comme la loque invétérée qu’il a toujours été.


- Je ne crois pas que ce soit l’heure de pioncer, lui ai-je glissé.

Il grommelle pour me faire part de sa façon de penser, qu’il faut sans doute décrire comme étant particulièrement claire et explicite.


- Hey le chamallow ambulant, si tu continues sur cette voie là y’a de fortes chances pour que tu te fasses gicler de cours dans les 10 prochaines secondes.






Il relève subitement la tête pour aussitôt rencontrer le regard suspicieux que notre professeur, qui le fixe avec insistance.

- Mes cours vous ennuieraient-ils ? Lui demande-t-il d’une voix particulièrement nasillarde.

- Euh je... Pas du tout…, bredouille pitoyablement Ethan.

Mais il n’a pas le temps de chercher une excuse potable qu’enfin la sonnerie tant attendue retentit dans l’enceinte de l’établissement. Dans un mouvement de foule caractéristique, nous quittons rapidement nos places pour nous ruer en dehors de la classe sous le regard surpris et impuissant de notre pauvre professeur de mathématiques.

(Mouahaha honte sur moi, une terminale S qui se trompe sur une simple dérivée >.<
Le bac blanc m'a bouffé le cerveau xD)

lien permanent



 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | IPHONE | Web |
Jeux du moment : Bioshock 2 PC | Bioshock 2 PS3 | Call of Duty : Modern Warfare 2 360 | F1 2009 Wii | Assassin's Creed II : Discovery DS