
- Allez entre, dit-elle finalement en
s’écartant de la porte pour me laisser le champ
libre.
J’obtempère sans poser de questions et
pénètre à pas feutrés dans le couloir
aux murs si blancs qu’ils me donnent le tournis. Selma sur
les talons, je poursuis mon chemin jusqu’au salon dans lequel
je découvre Josh, avachi sur le canapé, l’air
peiné. Je m’avance encore un peu plus et me retrouve
rapidement en face de lui, les mains sur les hanches, le dominant
de toute ma hauteur. Il me dévisage en souriant faiblement.
Le voir jouer les martyres m’insupporte bien souvent au plus
au point, mais je m’efforce de tempérer mes ardeurs
pour finalement braquer vers lui un regard qui se veut
affligé.

-
Désolé Josh. Vraiment désolée,
me suis empressée d’annoncer sous peine de le
voir fondre en larme.
- Ce n’est rien, dit-il d’une petite
voix, j’ai l’habitude maintenant…
Un sourire illumine faiblement mon visage. Je dois bien
admettre que je suis loin d’être l’image parfaite
que l’on peut se faire de la copine modèle ;
toujours en retard, agaçante, directe et suprêmement
indifférente vis-à-vis de notre couple. Je vis bien
trop au jour le jour pour pouvoir maintenir une relation stable,
bercée par un bonheur illusoire.
- Ecoute Josh, je t’ai dit que j’étais
désolée. Qu’est ce que tu veux que je te dise
de plus ? Me suis-je écriée sans
vraiment m’en apercevoir. Je ne vais pas faire
semblant de prétexter une excuse bidon simplement pour te
faire plaisir. Alors non je n’ai pas dû me taper tout
le ménage à faire, non je n’ai pas dû
aller poster une lettre en urgence, non je ne me suis pas fait
punir par mes parents. J’ai oublié, point, alors
arrête de faire cette tête de chien
battu !

Je suis franche. Bien trop franche sans
doute.
Son visage perd rapidement les dernières couleurs
qui lui restaient encore. J’apprécie
énormément Josh, mais sa sensibilité à
fleur de peau à bien trop souvent raison de mes nerfs. Nous
sommes bien trop différents pour pouvoir continuer ainsi,
sans un jour devoir payer le prix de nos divergences. Pourtant je
ne fais rien.
J’attends.
Je le laisse croire et espérer à un avenir qui
n’arrivera probablement jamais. J’ignore pourquoi, et
après tout je me contre-fiche des raisons des mes actes. La
seule dont je suis sure, c’est que je déteste
irrémédiablement voir les autres souffrir par ma
faute. Peut-être alors ai-je forcé les choses à
demeurer telles quelles, par pur caprice, et pour ainsi lui
épargner des épreuves pénibles et inutiles,
bien que je sache pertinemment qu’elles finiront un jour par
arriver.
Tôt ou tard…
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Date de création : 01/02/08 / Dernière mise à jour : 12/11/09 18:25 / 157 articles publiés



L'est trop cute lui 




seminis
ven 11 jui 2008 12:54